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Femmes & finance : entre héritage culturel et réappropriation du pouvoir financier

L’histoire financière des femmes ne s’est pas écrite en un jour. Elle s’est construite par étapes. Cette introduction progressive à la finance a façonné un rapport spécifique à l’argent. Et aujourd’hui encore, les écarts persistent, les freins demeurent.

Et pourtant, quelque chose se déplace. Les femmes investissent davantage et choisissent des outils financiers de plus en plus stratégiques. Elles n’accèdent plus seulement à la finance, elles s’en emparent. Mais cette montée en puissance reste marquée par des héritages culturels et des contraintes économiques bien réelles.

Comprendre cette trajectoire, c’est saisir pourquoi l’acculturation financière des femmes est devenue un enjeu central.

Un accès tardif à la finance : un héritage encore visible

L’histoire financière des femmes est progressive, et il important d’en rappeler les marqueurs  :

En 1881, les femmes mariées peuvent ouvrir un livret d’épargne. En 1907, elles disposent enfin de leur salaire. En 1965, elles accèdent, mariées ou non, à l’autonomie bancaire complète. Il aura fallu près d’un siècle entre le premier livret et la première vraie autonomie financière.

Cette chronologie n’a rien d’anecdotique. La reconnaissance progressive de leur capacité économique s’est faite dans un cadre strictement encadré : des produits sans risque, légitimés comme « prudents ».

 

2 mondes s’opposent alors :

 

L’investissement reste longtemps associé à un univers masculin, perçu comme technique et hors de portée. Les femmes, elles, sont initiées à l’épargne mais, sans stratégie.

Résultat : la finance est vite perçue par les femmes comme un outil de sécurisation. Une dissonance qui se lit encore clairement dans les données d’aujourd’hui.

Selon les Baromètres AMF 20251:

  • 48% des femmes déclarent ne détenir aucun produit non garanti ,
  • 51% d’entre elles refusent tout risque sur leurs placements, contre 31 % des hommes,
  • et seulement 24% des femmes investissent “en direct (via bourse, crowdfunding ou crypto-actifs), contre 45% des hommes.

Ces chiffres montrent une réalité nuancée mais bien ancrée : les femmes ne refusent pas d’investir. Non au contraire, 1 femme sur 2 investira avec précaution quand 1 femme sur 4 sera très engagée dans l’investissement actif.

L’héritage culturel ne les a donc pas exclu de la finance mais les y a introduit sous un rapport cantonné à la protection avant la stratégie. Aujourd’hui, le mouvement tend à s’inverser.

L’investissement au féminin aujourd’hui : la réalité permet-elle une évolution des pratiques ?

 

Au fil du XXᵉ siècle, l’émancipation des femmes a profondément modifié la donne : accès massif au travail salarié, montée en responsabilité, indépendance professionnelle, diversification des trajectoires familiales (divorce, monoparentalité, recomposition des foyers,…). En bref, une somme d’évolutions qui a eu pour conséquence direct d’élargir le champ des responsabilités financières. Pour autant, si les droits ont progressé, les conditions économiques, elles, demeurent inégales. Et ces écarts pèsent directement sur la capacité réelle d’investir.

1. Des inégalités salariales et sociales qui limitent la capacité d’épargne

Le Barômètre Vives 20262  Le temps, c’est de l’argent documente une réalité structurelle : les femmes sont moins à l’aise pour valoriser leur travail. Seules 29% se disent à même de négocier leur salaire en entretien, contre 48% des hommes. Même écart pour demander une augmentation : 29% contre 49%.

 

Or l’Observatoire de l’Épargne 2025 (Garance x Viavoice)3 relevait déjà, qu’à l’échelle de l’ensemble des Français, un tiers d’entre eux attendait d’avoir un premier emploi stable pour commencer à épargner.

 

L’épargne reste donc étroitement liée à la position économique et à la perception de stabilité. C’est ici que le cercle devient non vertueux. Les femmes attendent d’avoir un revenu stable pour épargner.

Mais une fois cette stabilité atteinte, elles revalorisent moins leur salaire. Résultat : elles épargnent plus tard, et lorsqu’elles le peuvent, elles disposent d’un montant plus faible à investir.

Pour preuve en est, selon  le Baromètres AMF 20251, leur revenu mensuel moyen s’élève à 3 500€ contre 4 200€ pour les hommes. Leur patrimoine financier moyen atteint 53 000€ contre 82 000€1. L’écart patrimonial ne naît pas au moment d’investir : il se construit bien en amont.

 

Mais l’inégalité ne s’arrête pas au revenu.

 

Elle se double d’un second filtre, informationnel. 51% des femmes issues des catégories socio-professionnelles moins favorisées (CSP-) déclarent ne pas se sentir suffisamment informées pour épargner au regard de leur situation professionnelle3. Ceci expliquant pourquoi la montée en puissance féminine est réelle mais encore inégalement répartie.

2. La théorie du pot de yaourt : un frein invisible à la montée en puissance patrimoniale

Mais de quoi parle-t-on précisément ?

Mis en lumière par Titiou Lecoq, romancière française, la théorie du pot de yaourt est un concept criant, pointant du doigt les inégalités qui ne disent pas leur nom.

 

Dans de nombreux foyers, la gestion financière reste segmentée de manière non dite : les dépenses courantes, telles que l’alimentation, la scolarité, le quotidien sont gérées par les femmes. Tandis que les décisions patrimoniales et les achats importants comme la voiture et les gros électroménagers appartiennent aux hommes.

En clair, elle gère ce qui se consomme, et lui, ce qui se construit. Sauf qu’en cas de séparation, la femme repart sans rien, à l’exception d’un pot de yaourt vide.

 

Très imagé et à la fois délétère pour la femme, ce phénomène s’amplifie d’autant plus quand les disparités salariales existent au sein du couple.  La femme, même moins bien rémunérée, aspire plus souvent l’ensemble des charges quotidiennes.

La nouvelle génération donne le Là

 

Toutes les femmes ne sont pas égales face à l’investissement. Les données montrent que celles qui franchissent le pas présentent un profil spécifique.

 

Mais qui sont celles qui investissent aujourd’hui ?

D’une part, les investisseuses sont plus fréquemment issues des catégories socio-professionnelles supérieures (CSP+)1.  Mais elles sont aussi souvent moins de 35 ans. Cette dimension générationnelle traduit une évolution culturelle : les nouvelles générations sont plus à l’aise avec les sujets financiers, plus enclines à parler d’argent et à envisager l’investissement comme un outil d’autonomie.

 

Et les données parlent d’elles-mêmes : 48% des femmes CSP+ de moins de 35 ans détiennent au moins un produit d’investissement, 2 femmes sur 3 acceptent une part de risque pour leurs placements, et 69% pourraient envisager d’investir en actions.

 

Plus connectées, plus exposées à l’information : elles consomment applications d’investissement, réseaux sociaux, podcasts spécialisés ou contenus pédagogiques pour s’informer sur les placements.

 

Mais la digitalisation ne fait pas tout. Les femmes s’ancrent dans une transformation plus profonde : elles évoluent avec des revenus propres à elles, optent pour des trajectoires professionnelles moins liées au conjoint, et acquièrent une conscience aiguisée des enjeux patrimoniaux. L’Observatoire de l’Epargne Viavoice & Garance confirme cette dynamique, qui d’ailleurs s’étend aux hommes comme aux femmes : les moins de 35 ans sont les plus nombreux à estimer que l’épargne est « particulièrement utile » dans le contexte économique actuel (58%).

Le vrai enjeu : accompagner la montée en puissance des femmes

Les femmes abordent l’épargne de manière plus pragmatique. Et c’est dans le choix des enveloppes que se lit leur maturité financière.

Elles sont proportionnellement plus nombreuses à détenir un Plan d’Épargne Retraite (PER) : 30% des femmes qui investissent contre 23% des hommes (Baromètre AMF 2025). Même dynamique pour l’assurance-vie : 32% des femmes qui investissent y ont recours (Baromètre AMF 2025) et 22% détiennent même des unités de compte, contre 13 % des hommes (ViveS 2026).

 

Derrière ces enveloppes se dessine une approche patrimoniale structurée : anticiper, sécuriser et orienter vers la durée.

 

C’est précisément cet élan qu’il s’agit d’amplifier. L’enjeu n’est plus d’ouvrir un accès qui existe déjà : il est d’accompagner la montée en puissance des femmes et de faciliter leur acculturation financière. Cela suppose une pédagogie ancrée dans des situations concrètes qui épousent les trajectoires de vie réelles des femmes.

 

L’Observatoire Viavoice-Garance 2025, à nouveau, le confirme : être informé enclenche un cercle vertueux. Plus on comprend les dispositifs, plus l’épargne apparaît rassurante, efficace, accessible. Le manque d’information produit l’effet inverse ; une double peine pour celles qui voudraient aller plus loin mais n’ont pas encore toutes les clés pour le faire. C’est là, précisément, que se joue le rôle d’un acteur comme Garance.

En résumé,

L’accès à la finance est désormais acquis. L’enjeu n’est plus d’autoriser mais d’accompagner.

 

Car l’histoire montre que l’introduction des femmes à la finance a toujours été progressive. Aujourd’hui encore, l’acculturation financière se construit par étapes : compréhension des mécanismes, confiance dans les choix, projection dans le long terme. La montée en puissance est réelle. Elle est générationnelle, stratégique, structurée. Mais pour qu’elle devienne pleinement inclusive, elle doit dépasser les cercles sociaux et économiques qui la concentrent encore.

 

C’est là que se joue la prochaine étape : faire de la culture financière non plus un privilège mais un levier d’autonomie durable pour toutes.

 

 

1 Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’investissement « Les Femmes & l’investissement » publié en Mars 2026

https://www.amf-france.org/sites/institutionnel/files/private/2026-03/barometre-2025-focus-femmes-et-investissement.pdf

2 Baromètre Vives 2026 « Les Femmes et l’argent » édition « Le Temps, c’est de l’argent », publié en Mars 2026

https://www.clublandoy.com/wp-content/uploads/Barometre-ViveS-2026-Focus-le-temps-cest-de-largent.pdf

3L’Observatoire de l’Epargne Garance x Viavoice, 2e édition, publié en avril 2025

 

 

Illustration de deux personnes qui se serrent la main après un accord.

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